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Méteil

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La production de méteil (mélange céréales - protéagineux)

Que ce soit pour une récolte en ensilage en inter-culture ou en grain, les associations céréales-protéagineux ont de multiples atouts.
Agronomiquement, elles permettent d’améliorer la structure du sol et d’augmenter les restitutions d’azote. Coté élevage, elles permettent des économies de concentrés azotés grâce à un aliment directement équilibré. Attention cependant, les rendements et les valeurs alimentaires sont très variables, rien ne vaut donc une analyse pour l’utiliser au mieux !

Comment faire son choix pour les espèces à semer ?

Les espèces à semer, et surtout les proportions, sont différentes selon le mode de récolte qu’on prévoit :

En ensilage, on privilégiera les céréales comme le triticale (pour sa rusticité et sa productivité) ou l'avoine (pour son agressivité et son fort pouvoir de recouvrement). De plus, il faut choisir des variétés relativement précoces et résistantes à la verse car elles doivent servir de tuteur aux protéagineux tel que le pois fourrager et la vesce.
D'une manière générale, retenez une proportion d'environ 20 à 30% de protéagineux dans le mélange et donc 70 à 80% de céréales.
On peut éventuellement augmenter la proportion de protéagineux jusqu’à 40-50% mais attention à la verse, la récolte devra dans ce cas être d’autant plus précoce.

En grain, il faudra faire très attention aux proportions de légumineuses. Si les féveroles peuvent être utilisées à des quantités élevées (jusqu’à 80kg/ha), le pois et surtout la vesce seront à limiter à 10 kg/ha maximum pour éviter la verse. Les variétés utilisées devront également être raisonnées afin que toutes les espèces soient mûres au même moment. La plus tardive étant la féverole, il faudra choisir des variétés les plus précoces comme Castel par exemple.

Itinéraire cultural : aller au plus économe

La mise en place d’un méteil doit se faire entre mi octobre et mi novembre. Attention à ne pas dépasser cette date car les protéagineux craignent généralement le froid.
Il est important de bien mélanger les semences quitte à remplir le semoir régulièrement afin que les différentes espèces ne se trient pas trop. Si le mélange comporte des féveroles, il est préférable de les semer à part afin de bien les enfouir (environ 7 cm de profondeur). Certains les sèment même avant le labour avec de bons résultats de levée.
Les associations céréales-protéagineux, devront être conduites de manière économe (fertilisation limitée et absence de traitements phytosanitaires en cours de végétation), l'utilisation seule de fumier au semis peut être suffisant. En tout état de cause une fumure azotée plafonnée à 30 à 60 unités par hectare apportée au printemps, au stade un à deux nœuds de la céréale, est largement suffisante.

Attention à la récolte

Ensilage :
Le point le plus délicat de cette culture est sa récolte. En effet, il est conseillé de viser environ 30 à 32 % de matière sèche du mélange pour obtenir un bon compromis entre quantité et qualité de l'ensilage. C'est à dire un grain de la céréale ayant atteint le stade laiteux-pâteux. En moyenne cela correspond à une période vers la fin mai à début juin en plaine et vers la fin juin en montagne. L'évolution de la maturité est très rapide à cette période, une surveillance quasi journalière est nécessaire. Le méteil en ensilage se récolte environ un mois plus tôt que le méteil en grain.
L'ensilage se fera préférentiellement en coupe directe ou avec une ensileuse équipée d’un dispositif de becs rotatifs afin de limiter les pertes. Si vous utilisez une faucheuse conditionneuse, celle-ci devra être équipée de rouleaux, moins brutaux que les fléaux, et l'ensilage s'effectuera dans la foulée de la fauche. Il est important d’hacher fin et de bien tasser. L’ensilage en boudin peut être également intéressant. Plus coûteux, il permet cependant une bonne conservation du méteil.
Le rendement à l’hectare est potentiellement élevée (8 à 12 tonnes de matières sèches). Le produit obtenu, moins riche en UF qu'un maïs mais plus équilibré, est bien adapté à l'alimentation des animaux.

Grain :
Un mélange protéagineux – céréales se conserve facilement en graines entières, dès lors que le taux d’humidité à la récolte est au maximum de 15 %. La qualité de la récolte en limitant les impuretés sera garante d’un bon stockage.
Seule l’humidité est à surveiller pendant le stockage (pas de traitement insecticide à faire).
Pour être correctement valorisées, les graines (notamment de pois et féverole) peuvent être broyées grossièrement ou aplaties.
La valeur alimentaire de ces mélanges sont très variables d’une année sur l’autre en fonction des conditions météo. L’important pour bien l’intégrer dans la ration est donc de réaliser une analyse de cet aliment !

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