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Sonde tensiométrique

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Sonde tensiométrique

Un outil de pilotage à l'irrigation

12 sondes tensiométriques installées sur notre département.

Chaque année, la Chambre d’agriculture installe des stations tensiométriques pour la campagne d’irrigation sur un réseau de parcelles de référence. Cette année, 12 parcelles ont été choisies de façon à représenter du mieux possible le département agricole avec 4 parcelles situées dans les coteaux et 8 dans la Vallée de l’Adour. Les cultures principales irriguées du territoire sont mises en avant puisque 8 stations ont été installées sur des parcelles de maïs, 3 en soja et une nouveauté cette année avec une parcelle de haricots tarbais (voir carte).

Chaque station est composée de 6 sondes tensiométriques dont le rôle est de mesurer la tension de l’eau dans le sol, en centibars (ou kPa). Cette tension correspond à la force de succion qui doit être fournie par les racines des plantes pour extraire l’eau du sol. Cela signifie que plus le sol contient d’eau, plus la tension est faible puisque la plante possède plus d’eau disponible autour de ses racines. Au contraire, lorsque l’eau vient à manquer dans le sol, la tension augmente car les racines doivent fournir un plus gros effort pour extraire l’eau du sol.
Ces sondes sont implantées à 2 profondeurs différentes, 30 et 60 centimètres, afin de connaître la disponibilité de l’eau dans toute la profondeur exploitée par les racines de la plante. En plus de ces sondes tensiométriques, un pluviomètre est positionné sur chaque parcelle de référence afin de déterminer la quantité d’eau qui arrive sur la parcelle, pouvant provenir de la pluie ou de l’irrigation.
Le réseau de sonde ainsi disponible permet à la Chambre d’agriculture d’apporter un conseil collectif à l’irrigation au travers des bulletins d’irrigation hebdomadaires.
Ces bulletins sont disponibles sur le site Internet de la Chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées.

 

Les sondes tensiométriques : un suivi à distance

Une fois les stations installées, le suivi des tensions présentes dans les sols des parcelles de référence se fait à distance. Les tensions, la pluviométrie, la température du sol et pour certaines stations la température de l’air sont enregistrées par un boîtier (monitor R2-DX) qui réceptionne l’ensemble de ces données. Celles-ci sont ensuite transmises sur le site internet « Challenge Agriculture » sur lequel, à partir d’un compte personnel, chaque agriculteur qui possède une station peut observer par l’intermédiaire de graphiques l’évolution des différents paramètres mesurés au cours du temps. C’est également sur ce site que des échanges peuvent avoir lieu entre l’irrigant et le conseil irrigation de la Chambre d’agriculture.

 

Grâce aux données en temps réel collectées par les sondes tensiométriques, aux mesures de terrain hebdomadaires et aux bulletins techniques associés, la Chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées apporte au quotidien.

Zoom sur les données mesurées par les sondes

Sur la figure ci-dessus, nous pouvons observer deux graphiques parmi les quatre que dispose un agriculteur possédant un compte sur le site « Challenge Agriculture ». Cet exemple provient d’une parcelle de maïs de variété ES Charleston, située sur la commune de Vic-en-Bigorre, sur un sol composé d’alluvions. L’irrigation se fait à l’aide d’un pivot.

Sur le premier graphique, le « Graphe des médianes (en cbar) », il est possible d’observer l’évolution au cours du temps des deux médianes étudiées, celle à 30 cm et celle à 60 cm. En effet, une station est composée de 3 paires de deux sondes tensiométriques ayant pour profondeur 30 et 60 cm. Seule la médiane est prise en compte sur ce graphique afin de donner une bonne représentation de l’état hydrique du sol. En plus de ces médianes, d’autres courbes sont représentées. Elles correspondent à différents seuils en fonction de la disponibilité en eau du sol pour la culture.

Par conséquent, dans le meilleur des cas, les médianes doivent se trouver entre la « limite basse » et la « tension déclenchement ». En effet, une tension inférieure à la « limite basse » indique une concentration en eau importante dans le sol pouvant freiner le développement de la plante. Au contraire, lorsque la tension est supérieure à la tension de déclenchement, les racines de la plante rencontrent des difficultés à puiser l’eau du sol car elle est présente en faible quantité, freinant également le développement de la culture (stress hydrique).
Ces courbes de seuils sont tracées selon le type de la culture et son stade de développement.

Dans notre exemple, la médiane à 30 cm est bien souvent dans cette zone, hormis quelques moments où le sol se retrouve en excès d’eau à cette profondeur, pendant environ 24h, faisant suite à l’irrigation. La médiane à 60 cm est elle aussi la majorité du temps dans cette zone. Elle se retrouve également de temps en temps au-dessus de la tension de déclenchement sans toutefois la dépasser nettement. Nous pouvons alors en conclure que les tensions ont bien été respectées avant le déclenchement de l’irrigation.

 

Témoignage d'un agriculteur

Jean-Pierre VERGES

"Mon exploitation compte 78 hectares de cultures (maïs, soja, céréales à paille, orge, etc) que je valorise sur mon exploitation.

Pourquoi avez-vous choisi de mettre en place une sonde tensiométrique ?

C'était tout d'abord par curiosité, puis par besoin, que je suis rentré dans le réseau des parcelles de références de la Chambre d'agriculture. Le plus difficile dans l'irrigation c'est d'apporter la bonne dose au bon moment. Les sondes tensiométriques me semblaient donc être les outils indispensables et les mieux adaptés pour une gestion optimale de l'irrigation.

Quels bénéfices aujourd’hui ?

L'utilité des trois lots de sondes à des profondeurs différentes (30cm et 60cm) est d'obtenir des informations qui se rapprochent le plus possible de la réalité. Elles me donnent un point de repère dans la gestion de l'irrigation, et me permettent de caler au mieux mon travail. En effet, mes parcelles sont regroupées, j'ai donc choisi de faire poser les sondes sur la plus sèche de mes parcelles afin de prévenir en amont le manque d'eau sur le reste de mon exploitation.

L'utilisation des sondes tensiométriques, c'est plus de souplesse et moins de stress durant cette période charnière pour les cultures."

 

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