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Session Chambre d'agriculture

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L’année 2022 aura été une année particulière. Dans un contexte compliqué, entre l’explosion des coûts de l’énergie, la sécheresse estivale et le spectre du retour de la grippe aviaire, l’agriculture des Hautes-Pyrénées

est rentrée dans une période critique. La stabilisation de la future politique agricole commune (PAC) devient

pressante pour nos fermes comme la finalisation du dossier des réserves qui présente un enjeu fondamental

pour l’avenir de l’agriculture des Hautes-Pyrénées.

Nous avons des interrogations de plus en plus pressantes sur tous les sujets d’actualités, PAC, énergie, aléas climatiques ou grippe aviaire » regrette Pierre Martin, Président de la Chambre d’agriculture, en ouverture de la session ce lundi 28 novembre 2022. Entre un début d’année impacté par l’explosion des coûts de l’énergie due à la guerre en Ukraine, une fin d’année qui se termine avec le retour de la grippe aviaire pour les éleveurs de volailles sans oublier la sécheresse de cet été, les fermes du département ne sont pas épargnées. Sans faire de pessimiste démesuré, le bilan de l’année 2022 pour l’agriculture des Hautes-Pyrénées n’est pas bon. La sécheresse de cet été conforte la démarche de créer des ressources supplémentaires en eau. « C’est un vieux dossier qui traîne depuis trop longtemps» critique Lilian Lasserre, élu de la Chambre d’agriculture. Nous devons montrer que les réserves d’eau ne servent pas exclusivement à l’irrigation pour l’agriculture. Une réserve en eau, c’est aussi une ressource en eau potable pour les agglomérations, de l’hydroélectricité pour l’énergie ou un écrêteur de crue lors des épisodes de forte précipitation. « Nous devons bâtir une méthode de travail pour aller vers davantage d’écoute et de dialogue en amont afin de trouver une solution adaptée au territoire » développe Jean Salomon, Préfet des Hautes-Pyrénées. La consommation en eau s’est considérablement améliorée avec les évolutions techniques. « Mon grand-père arrosait à la planche, aujourd’hui on est à la veille de piloter l’irrigation par satellite » illustre Lilian Lasserre.

« Nous passons plus de temps à s’occuper du réglementaire que sur nos choix agronomiques ou stratégiques » L’incertitude persiste pour l’application de la future programmation de la PAC 2023-2027. Tout n’est pas encore stabilisé dans cette réforme. Les agriculteurs sont dans l’attente de la rédaction finale de plusieurs textes pour comprendre leurs obligations et prendre des décisions sur l’assolement 2023. En outre, l’application de la conditionnalité des aides notamment les BCAE (bonnes conditions agricoles et environnementales) se complexifie. Elles ne tiennent pas compte des spécificités de notre territoire (potentiel des parcelles très hétérogènes, pierrosité, pentes…). Elles sont propices à de nombreuses incompréhensions. « Nous passons plus de temps à s’occuper du réglementaire que sur nos choix agronomiques ou stratégiques » proteste Pierre Martin. Les modalités de versement des aides des éco-régimes aux gestionnaires d’estives plutôt qu’aux éleveurs transhumants suscitent une inquiétude comme le souligne Claude Vielle, élu de la Chambre d’agriculture. Cette modalité de versement va générer une surcharge administrative pour les gestionnaires et accentuer les inégalités de traitement entre les éleveurs transhumants. Cette nouvelle programmation PAC fait craindre une forte complexité supplémentaire. Comme l’illustrent les nouveaux modes de contrôles par télédétection (le monitoring).  « Avec un risque élevé d’exclusion de beaucoup d’agriculteurs pas ou peu informatisés » comme le souligne Christian Fourcade, élu de la Chambre d’agriculture. Pour de nombreuses fermes du département, le bois est une ressource complémentaire qu’il ne faut pas négliger La filière bois fait partie des nouvelles compétences développées par la Chambre d’agriculture depuis plusieurs années.

Pour de nombreuses fermes du département, le bois est une ressource complémentaire qu’il ne faut pas négliger. La superficie de la forêt paysanne dépasse 21500 hectares. Malgré ses limites, notamment au niveau du morcellement des parcelles, elle présente de nombreux atouts, diversité des essences, conditions pédoclimatiques et présence de sept scieries dans les Hautes-Pyrénées développe Philippe Péré, conseiller en bois et agroforesterie de la Chambre d’agriculture. Un des enjeux de la filière est de mieux valoriser les bois. Pour cela, le diagnostic forestier permet de caractériser le peuplement et de déterminer son usage, bois de chauffage, bois d’œuvre ou bois industrie. Cette filière présente de nombreuses perspectives, « la forêt fait partie de notre paysage, nous devons lui redonner une influence économique sur les exploitations » conclut Robert Sans, élu de la Chambre d’agriculture en charge du dossier bois.